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Le sommaire
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Introduction

I) Les enjeux du frontispice de la pièce de théâtre

A. Du spectateur au lecteur : une fonction de relais
B. Du texte à l'image : des scènes identifiables

II) Une esthétique théâtrale

A. Réalité scénique du décor et de l'espace
B. Stéréotypes et expressivité des personnages

III) Une mode picturale

A. Des conventions esthétiques d'époque
B. Les costumes et l'illusion du réel

Conclusion
Bibliographie
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Résumé du document
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Les 32 frontispices, gravures à l'eau forte des Comédies de Molière, éditées en 1734 sont considérées aujourd'hui comme un des chefs-d'oeuvre du peintre François Boucher et du graveur Laurent Cars. Elles sont à l'origine du succès de cette édition qui sera à plusieurs reprises reproduite. Nous analyserons en particulier les frontispices de trois comédies de Molière : Le Médecin Malgré lui, Les Précieuses ridicules et Les Femmes savantes. Ces gravures présentent un rapport intéressant de l'image au texte, puisqu'elles ne sont pas contemporaines de l'époque de Molière. C'est le texte qui préexiste à l'image. François Boucher et Laurent Cars s'approprient donc les comédies de Molière afin d'en représenter une interprétation subjective et imaginaire. Le support principal de la création réside ainsi dans les pièces de Molière, mais nous verrons que d'autres motivations semblent être également à l'origine des illustrations. On peut alors se demander comment ces frontispices répondent à la fois à une esthétique du « théâtral » et à la mode picturale du XVIIIème siècle. Comment décrire l'échange esthétique entre la scène et la peinture ? Il apparaît tout d'abord que le frontispice a une situation particulière au sein de l'édition théâtrale dans le sens où il peut illustrer le texte soit comme récit écrit soit comme représentation théâtrale. Les gravures des pièces de Molière sont dès lors animées par une esthétique du « théâtral » puisque les codes scéniques et les stéréotypes des personnages sont respectés. Pourtant les frontispices répondent aussi à une autre motivation, celle d'illustrer la mode picturale du XVIIIème siècle.

I- Les enjeux du frontispice de la pièce de théâtre

On constate une ambivalence du frontispice illustrant la pièce de théâtre. Il est relais du spectacle au livre, et inversement du texte dramatique au souvenir visuel. Il est intéressant de voir alors comment les illustrations se trouvent conditionnées par d'éventuelles représentations et par les indications du texte lui-même.

A) Du spectateur au lecteur : une fonction de relais

La gravure de théâtre est destinée à être découverte par un lecteur qui le plus souvent au XVIIIème siècle a vu la représentation de la pièce avant de la lire. Elle a une vocation à se diffuser, et à être reconnue du public de la pièce. Les frontispices font donc office de relais entre la représentation théâtrale et l'oeuvre. François Boucher crée donc des dessins dont la finalité est de transformer le lecteur en véritable spectateur(...)

Extraits

[...] On sait d’ailleurs que c’est Molière qui inventa la mise en scène en subordonnant le jeu de chaque comédien à l’effet d’ensemble de la représentation. Il insistait sur la nécessité pour les acteurs d’entrer dans le caractère de leur personnage. Alors qu’à l’époque de Molière ce sont les lazzis et les costumes caricaturaux qui définissent les caractères des personnages, ce sont davantage leurs accessoires, leur mobilier et leur gestuelle dans les gravures dessinées par Boucher qui permettent aux lecteurs de reconnaître les stéréotypes moliéresques. [...]


[...] Nous analyserons en particulier les frontispices de trois comédies de Molière : Le Médecin Malgré lui, Les Précieuses ridicules et Les Femmes savantes. Ces gravures présentent un rapport intéressant de l’image au texte, puisqu’elles ne sont pas contemporaines de l’époque de Molière. C’est le texte qui préexiste à l’image. François Boucher et Laurent Cars s’approprient donc les comédies de Molière afin d’en représenter une interprétation subjective et imaginaire. Le support principal de la création réside ainsi dans les pièces de Molière, mais nous verrons que d’autres motivations semblent être également à l’origine des illustrations. [...]


[...] Le château dessiné à l’arrière plan du frontispice du Médecin malgré lui fait ainsi penser à une toile peinte ; la porte et les chandelles dans le frontispice des Précieuses ridicules permettent de disposer le décor et les personnages de manière symétrique, créant de la sorte une mise en scène. Les illustrations de François Boucher respectent également la règle dramaturgique de l'unité de lieu. L'action se situe donc dans des lieux propices aux rencontres : on reconnaît dans les gravures les intérieurs bourgeois des principaux protagoniste, comme le salon de Philaminte et celui des Précieuses ridicules. Toutefois, Molière ayant pris quelques libertés avec l'unité de lieu, François Boucher ne présente qu'un seul des trois décors du Médecin malgré lui : une clairière dans la forêt. [...]


[...] Pourtant à l’époque, c’était une tradition de mêler les espaces de représentation et de réception. Ces quelques conventions esthétiques font parties intégrantes de la mode picturale d’époque. François Boucher est d’ailleurs le peintre qui immortalisera le goût du XVIII ème siècle. Les frères Goncourt décrivent ainsi cette mode le théâtre, le livre, le tableau, la statue, la maison, l’appartement, rien n’échappe à la parure, à la coquetterie, à la gentillesse d’une décadence délicieuse mais l’idéal de l’art demeure un idéal factice et de convention Cependant, c’est dans la représentation des costumes que cette mode historique est la plus visible. [...]


[...] L’expressivité des gestes est proprement théâtrale et conforme à ce qu’on attend de la gestuelle des acteurs. Cependant, l’artiste tire le théâtral vers le pictural concernant les expressions faciales. Dans le genre pictural, c’est le visage qui fait particulièrement voir ce que l’âme ressent. On constate un échange esthétique entre la scène et la peinture : si une esthétique théâtrale est décelable dans les dessins de François Boucher, inversement la mode picturale du XVIII ème siècle influe considérablement sur la représentation du théâtral. [...]

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Informations sur le doc

Date de publication
11/05/2011
Langue
français
Format
pdf
Type
fiche
Nombre de pages
8 pages
Niveau
grand public
Consulté
1 fois

Informations sur l'auteur Isabelle G. (étudiant)

Niveau
Grand public
Etude suivie
droit des...
Note du document :
         
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Commentaires des gravures de Laurent Cars d'après Boucher, Edition des "Comédies" de Molière (1734)

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