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Le sommaire
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Le texte

Introduction

I) Un monologue lyrique et pathétique : l'exutoire d'une reine abandonnée

A. Une situation pathétique : l'abandon
B. L'épanchement lyrique face à cette situation
C. Les nombreuses craintes de la reine

II) La conversion du tragique en romanesque

A. Des éléments rappelant l'univers tragique
B. Ces éléments qui renvoient au tragique sont toutefois altérés
C. Globalement, présence d'éléments purement romanesques

III) La création d'une grande héroïne romantique

A. L'incarnation de la féminité amoureuse
B. Le ressort dramatique du lyrisme

Conclusion
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Résumé du document
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Après Hernani en 1830, Hugo revient à l'histoire de l'Espagne avec le drame romantique Ruy Blas qu'il donne en 1838 au Théâtre de la Renaissance, théâtre bien nommé puisqu'il sera consacré aux drames plus modernes. En cinq actes et en alexandrins, Hugo entremêle deux thèmes : celui de la vengeance de don Salluste, exilé par la reine Marie de Neubourg, épouse de Charles II, thème qui lance l'intrigue de la pièce, et celui de l'amour impossible entre la reine d'Espagne et le laquais de Salluste, Ruy Blas, qui est l'instrument de la vengeance.
Dans l'acte I, Salluste a minutieusement mis en place son stratagème, en donnant à Ruy Blas l'identité de don César de Bazan (I, 4-5), son cousin qu'il a vendu aux corsaires ; il avait entendu (I, 3) que son laquais était amoureux de la reine et se désespérait de sa condition. L'acte II s'ouvre sur un autre décor, celui des appartements de la reine, qui donne son titre à l'acte et apparaît pour la première fois, entourée de ses suivantes et d'un vieux soupirant, don Guritan : elle subit la rigueur de l'étiquette et se sent abandonnée par son mari. Dans la scène 2, seule et en prière, elle exprime librement ses sentiments dans un monologue.

L'épanchement se traduit alors par d'abondantes marques du registre lyrique :

- Exclamations, interjections, apostrophes nombreuses : pas moins de 16 exclamatives entre les vers 753 et 786 ; « Oh ! » (v.756, 777), « Dieu ! » (v.757), « Hélas ! » (v.784) ; des phrases exclamatives constituées d'un ou deux mots : « Seule ! » (v.754), « Mais lui ! » (v.767) renforcée au début du vers suivant : « Blessé ! » ;

- des tirets fréquents qui indiquent le désordre dans lequel s'expriment les divers sentiments et pensées (v.757, 767-768, 777, 785, 790-791, 793, 805), comme un trop-plein qui n'est pas canalisé. Ces tirets complètent la ponctuation expressive.

- Le lexique du sentiment est présent : « mes pleurs », v.763, « affligé », v.792 ; une didascalie évoque son « sourire triste » ; le verbe « aimer », v.803, est repris v.804. La première personne est évidemment récurrente, sujet des verbes (v.764-766), ou objet (le pronom « me » est extrêmement fréquent, parfois développé par apposition : tout le vers 755, « Pauvre esprit sans flambeau dans un chemin obscur ») ; on trouve encore « mon coeur » (v.775). ()

Extraits

[...] - D’ailleurs il n’y a pas d’idéalisation ou de transcendance, et c’est bien le concret qui l’emporte. L’évocation du destin n’est là que pour mettre en relief la douleur de la reine, condition féminine, l’ inflexible loi n’est en fait que l’étiquette de la Cour, un code strict certes, mais dérisoire par rapport à la Loi tragique, sans universalité et bien concret. C’est moins la condition de reine qui s’exprime ici que celle d’une femme en manque d’amour, qui veut aimer (v.804 j’aurais aimé le roi et être aimée. [...]


[...] Vierge, espoir du martyre ! 790 Aidez-moi ! S’ interrompant. Cette lettre ! Se tournant à demi vers la table. Elle est là qui m’attire. S’agenouillant de nouveau. Je ne veux plus la lire ! Ô reine de douceur ! [...]


[...] A travers cette scène Hugo crée une grande héroïne romantique, digne des grandes reines tragiques, comme ressort dramatique essentiel. Il affirme ainsi la grandeur et la nécessité du drame romantique. Doña Sol dans Hernani avait déjà bien des traits de la reine Marie, remplissant les mêmes fonctions, mais ces deux belles figures n’empêchent pas la dérive à venir du sentimentalisme : ce qui n’est pas encore un cliché le deviendra rapidement, et le théâtre romantique n’excèdera pas vingt ans d’existence. [...]


[...] Commentaire de Ruy Blas de Victor Hugo (1838), acte II scène 2 TEXTE : LA REINE, seule. A ses dévotions[1] ? Dis donc à sa pensée ! Où la fuir maintenant ? Seule ! Ils m’ont tous laissée Pauvre esprit sans flambeau dans un chemin obscur ! Rêvant. Oh ! Cette main sanglante empreinte sur le mur ! [...]


[...] Dans sa lettre Ruy Blas se compare à un ver de terre amoureux d’une étoile image à laquelle l’antithèse donne une solennité mais qui n’en est pas moins burlesque. - Enfin, on ne doit pas ignorer que la reine trouve une consolation à ses malheurs : Elle apaise sa solitude en créant des interlocuteurs : elle s’adresse ainsi au jeune homme inconnu (v.768), longuement (jusqu’au vers 776 : Sois aimé ( ) sois béni ( ) La lettre de Ruy Blas a une présence telle que la reine la personnifie : Elle est là qui m’attire (v.790), et c’est autour d’elle que les mouvements s’organisent : qu’elle jette sur la table Se tournant à demi vers la table fait quelques pas vers la table ( ) se précipite sur la lettre pose la lettre sur la table Enfin, par la prière, elle s’adresse à la Vierge madame v.786, et deux fois v.789, puis reine de douceur v.791), comme elle l’a fait avec Dieu (v.765). [...]

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Informations sur le doc

Date de publication
13/03/2012
Langue
français
Format
Word
Type
fiche
Nombre de pages
8 pages
Niveau
grand public
Consulté
6 fois

Informations sur l'auteur Benjamin D. (étudiant)

Niveau
Grand public
Etude suivie
littérature
Ecole, université
agrégation
Note du document :
         
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