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Le sommaire
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I) Commentaire

Introduction

A. La mandoline
1. Les échos entre la forme graphique et le sens
2. Au-dejà de la polysémie et de l'ambivalence des termes et du dessin, il y a également opposition

B. L'oeillet
1. Le thème de la féminité
2. Divisé en deux parties
3. Et qui exprime le souhait vif du poète de voir surgir un monde nouveau

C. Le bambou
1. La forme du bambou coupé
2. Glissement vers l'univers masculin
3. Thématique de la possibilité de rachat du monde par les parfums

Conclusion

II) Bilan sur la littérature d'Apollinaire

A. Une certaine vision du travail du poète et de la fonction de la poésie
B. Cette transmutation se fait par l'intermédiaire du travail sur les mots, sur le texte, et Apollinaire n'a de cesse d'avoir inventé des procédés nouveaux
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Résumé du document
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Le titre indique l'ordre dans lequel le lecteur est censé lire le poème ; mais cela ne simplifie pas forcément la lecture de détail : il faut trouver le bon commencement créateur de sens (sans que les autres parcours et donc sens soient exclus : c'est le propre de la poésie moderne, de rendre la lecture interactive et d'ouvrir le poème à une pluralité d'interprétations).

I. LA MANDOLINE
La mandoline (cf déf) : il faut commencer par le haut de la partie droite qui jouxte le manche de la mandoline (lire)

1) Les échos entre la forme graphique et le sens :
On remarque un trait de dessin (le seul du poème) à droite, soulignant la forme de la mandoline, et des majuscules, surtout à droite et vers le milieu à gauche : cela crée un effet visuel de profondeur, pour mieux dégager la forme de l'instrument de musique. Mais les majuscules créent aussi du sens : elles rendent les paroles qu'elles écrivent plus importantes ; or le premier vers nous projette d'emblée dans le monde de la guerre : "Comme la balle à travers le corps" ; on dirait que le trait de dessin souligne la trajectoire de la balle, et qu'elle s'enfonce en même temps que l'écriture ; la suite oblige à lire de droite à gauche, ce qui est assez inhabituel ("le son traverse la vérité") ; on remarque des rimes internes ("travers, traverse") qui créent un rythme binaire et mettent en parallèle la balle et la musique de la mandoline ; le corps de la mandoline devient corps humain blessé ()

Extraits

[...] Son chant peut-il conjurer le monde ? (on remarque que le monde y est intégré dans sa cruauté : balle, traverse, tremble, batailles ; mais aussi transfiguré sous la forme d’une mandoline en danger. Bilan : la Terre/mandoline tremble des sons violents de la guerre au lieu de chanter l’amour (femme-poème) qui est aussi la raison, la paix, et donc un monde authentique (la vérité). II. L’OEILLET 1)la mandoline, instrument de musique propice à l’amour, est en quelque sorte l’introduction musicale du poème ; on glisse réellement dans l’univers féminin par la fleur (souvent métaphore traditionnelle de la femme : on reconnaît la fleur, la tige, les feuilles) et par le contenu qui comporte une énonciation lyrique traditionnelle que cet œillet te dise ; je préfère ton nez le je-tu amoureux : ici offrande d’une fleur et éloge du nez de la bien-aimée : là encore, il s’agit d’un topos traditionnel de la poésie amoureuse : le blason (éloge d’une partie du corps devenant métonymie de la femme aimée : cf XVI e s). [...]


[...] En effet, les o qui ponctuent le texte non seulement l’interrompent de manière rythmique, mais créent une boucle éternelle : le dernier O renvoie au premier comme une chaîne : on peut lire la strophe en boucle : chaînes éternelles ? Ces anaphores se retrouvent déjà dans les deux idéogrammes précédents ô batailles ô mon amie et animent tout le texte d’un frémissement lyrique. On sent l’amour de la femme, de la vie, l’émerveillement devant le monde des sens qui est mis en péril par la guerre. Cette chaîne est en fait une machine, qui crée la liberté, que symbolise peut-être la fumée, légère et odorante. [...]


[...] Il y a donc glissement du bambou au tuyau de pipe (le bambou serait-il une pipe rudimentaire, de fortune, utilisé dans les tranchées ?).L’ensemble final est beaucoup moins lisible et demande un décryptage plus précis. C’est seulement lorsque l’on comprend le rapport entre le dessin et le sens que tout s’éclaire : les O ponctuent la strophe par des arrêts réguliers correspondant à la bouffée de fumée : ils créent un rythme qui suit le mouvement du fumeur qui tire des bouffées ou les expulse. [...]


[...] Rappeler qu’Apollinaire fréquentait Braque et Picasso (peintres cubistes) et était au courant des dernières innovations picturales. TRANSCRIPTION DU CALLIGRAMME : La mandoline (partir de la droite supérieure du manche) : -NB : l’aspect ludique, c’est justement de découvrir le sens de la lecture, de trouver le meilleur sens sans exclure les autres MANDOLINE : instrument de musique d’origine italienne, à caisse de résonance bombée et à cordes : ressemble au luth et à la guitare COMME LA BALLE A TRAVERS LE CORPS LE SON TRAVERSE la vérité car la RAISON C’est ton Art femme ô batailles la terre tremble comme une mandoline [disposé de manière à avoir le plus de rimes ou d’assonances possibles, mais peut être disposé autrement] l’œillet (partir du haut de la fleur) : Que cet œillet te dise la loi des odeurs qu’on n’a pas encore promulguée et qui viendra un jour régner sur nos cerveaux bien + précise ( + subtile que les sons qui nous dirigent Je préfère ton nez à tous tes organes ô mon amie Il est le trône de la future SAGESSE Le bambou (lire de gauche à droite et de haut en bas) : O nez de la pipe les odeurs-centre O fourneau y forgent les chaînes O univers infiniment déliées qui [car n’est pas forcément à lire] lient les autres raisons formelles remarque que les O coupent régulièrement la phrase les odeurs-centre / y forgent les chaînes / infiniment déliées qui / lient les autres raisons formelles : la phrase semble ainsi être régulièrement interrompue par une bouffée de fumée strophe peut recommencer en boucle : O >>univers et imite le fonctionnement d’une machine qui ne cesse de s’animer (rapport avec l’univers de l’usine : fourneau et sa création continuée, qui ne s’arrête jamais : y forgent Problématique : montrer comment le parcours de lecture, à la fois visuel et sémantique, nous conduit au sens du poème, à son message. [...]


[...] Le contenu semble en effet développer la thématique de la possibilité de rachat du monde par les odeurs (symbole de la civilisation de paix qui comprend amour, poésie) : O nez de la pipe / les odeurs-centre Le curieux mot composé odeurs-centre est proche d’un néologisme. Mais il rappelle les valeurs fondamentales pour Apollinaire (non pas la volonté de puissance, mais la volonté de vivre dans un corps, avec ses sens et dans un monde d’affection, raffiné par la poésie). [...]

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Informations sur le doc

Date de publication
05/10/2010
Langue
français
Format
Word
Type
fiche
Nombre de pages
10 pages
Niveau
grand public
Consulté
7 fois

Informations sur l'auteur Kim G. (étudiant)

Niveau
Grand public
Etude suivie
droit des...
Note du document :
         
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Guillaume Apollinaire, "Calligrammes", "La mandoline, l'oeillet et le bambou" : commentaire

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