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Le sommaire
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Introduction

I) En quoi consiste le travail et dans quelle mesure celui-ci fait partie de la nature humaine elle-même ?
II) Le produit du travail n'est pas toujours ambivalent et toujours susceptible de se retourner contre son producteur
III) Est-il possible de remédier aux effets pervers du travail, et par quels moyens ?

Conclusion
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Résumé du document
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Par définition, le travail est, notamment, l'activité par laquelle l'homme modifie les processus naturels pour en tirer profit. Dans ces conditions, il paraît paradoxal de dire que "ce que l'homme accomplit par son travail peut se retourner contre lui". Si c'était le cas, ne suffirait-il pas à l'homme de cesser de travailler, ou de modifier la direction de son travail pour le remettre à son service ? C'est ce qu'indique le bon sens, mais nous savons bien que les choses ne sont pas si simples, et les mythes de l'apprenti sorcier ou de la créature de Frankenstein sont là pour nous le rappeler : le monde humain, le monde de la culture, pour être produit par l'homme, n'en est pas moins susceptible de le mettre en danger. Il suffit de penser à une expression comme "se tuer au travail", ou aux dangers du nucléaire ou du réchauffement de la planète pour s'en convaincre ()

Extraits

[...] Dans la société industrielle, le travail en tant qu’emploi, est une part importante, essentielle peut être, de l’identité des individus. Par opposition à la société antique telle que la décrit Hannah Arendt, où le travail productif était considéré comme exclusivement servile, tandis que les citoyens libres s’adonnaient à la vie contemplative, la société moderne a érigé le travail, la participation à la vie économique, en valeur en soi, au point que c’est l’absence de travail qui est considérée, sous la forme du chômage, comme une sorte de malédiction (et la paresse comme un vice). [...]


[...] Tous ces exemples nécessitent néanmoins une analyse un peu plus fouillée des conditions de la production. Car les dangers de l’objet peuvent avoir leur cause en aval de celui-ci (dans les usages imprévus par le producteur), mais aussi en amont : notamment dans la division du travail et les phénomènes de concentration, qui rendent ici les choses d’autant plus incertaines et permettent une perte quasi-complète du sens de l’objet. Dans l’affaire de la vache folle ce n’est pas un dysfonctionnement du système qui amène l’objet produit (la viande) à devenir dangereux, mais au contraire son fonctionnement normale : c’est la volonté, légitime dans un contexte de concurrence, de produire de la nourriture pour animaux aux plus bas prix, qui entraîne finalement l’empoisonnement des consommateurs, au terme d’une chaîne de production impliquant à la fois les distributeurs, les éleveurs, les producteurs de farines animales, sans que l’on puisse attribuer à aucun des acteurs une volonté consciente d’empoisonner ses concitoyens. [...]


[...] O n voit donc bien que, malgré le paradoxe apparent que cela représente, le produit du travail est susceptible de se retourner contre l’homme. On peut se demander toutefois s’il y a une issue à ce processus. Nous en envisagerons trois sortes : la première consisterait à essayer de se soustraire au travail. Cela peut se faire sous diverses modalités, plus ou moins confortables matériellement, selon la situation dont on part. On trouve alors tout un éventail de personnalités, qui vont du mendiant militant au dilettante millionnaire, en passant par le rmiste volontaire et le fils de famille entretenu par ses parents Quoique dans des situations très différentes, tous peuvent être liés par une volonté d’échapper au monde du travail, quitte à affronter la réprobation sociale. [...]


[...] Mais on se demandera dans un second temps si le produit du travail n’est pas toujours ambivalent et toujours susceptible de se retourner contre son producteur. On distinguera dans cette seconde partie les dangers qui viennent de l’objet produit lui- même et ceux qui viennent des structures sociales liées à l’activité de production. Dans un troisième temps, on pourra se demander s’il est possible de remédier à ces effets pervers du travail, et par quels moyens. C par le travail que se fait le passage de la nature à la culture, et il suffit d’interroger ce mot de culture pour comprendre l’avantage que celle-ci représente pour l’homme. [...]


[...] Hannah Arendt, en plaçant sa réflexion au niveau politique, ouvre la voie vers des solutions qui puissent avoir un sens plus global. Au travail et à l’œuvre elle oppose en effet un troisième type d’activité humaine, qu’elle appelle action : Afin d’être ce que le monde est toujours censé être, dit-elle, patrie des hommes durant leur vie sur terre, l’artifice humain doit pouvoir accueillir l’action et la parole, activités qui, non seulement sont out à fait inutiles aux nécessités de la vie, mais, en outre, diffèrent totalement des multiples activités de fabrication par lesquelles sont produits le monde et tout ce qu’il contient C’est donc dans l’intervention dans l’espace public, qui est aussi un travail de constitution de cet espace public, toujours à établir, à renouveler, et à protéger contre ceux qui n’ont pas intérêt à son existence, que les hommes peuvent reprendre le dessus sur les objets qu’ils ont créés et décider quelles orientations donner à la société. [...]


[...] L’objet se pose en face du sujet, s’extériorise et s’offre à d’autres usages que ceux pour lesquels il avait été prévu, et à d’autres mésusages également. Ainsi, l’épée forgée par le forgeron pourra servir à le tuer, et les découvertes théoriques sur la structure de la matière faite par le scientifique de manière désintéressée pourront servir à produire des armes de destruction massive. Cette extériorité de l’objet signifie aussi, en ce qui concerne l’objet technique, que l’homme doit, à chaque génération, se remettre au niveau technique de la génération précédente pour maîtriser les objets dont elle hérite. [...]


[...] C ’est sur ce fond qu’apparaît tout le paradoxe de l’idée que le produit du travail pourrait se retourner contre l’homme. Pour l’expliquer, il nous faut reprendre les termes de notre analyse et en faire apparaître les revers. A vant même de distinguer les différents types d’objets, nous pouvons nous appuyer sur une dialectique du rapport entre le sujet producteur et l’objet produit, que Marx exprime dans les termes suivants : L’objet que le travail produit, son produit, se dresse devant lui comme un être étranger, comme une puissance indépendante du producteur La valeur de l’objet, sa signification même, n’est pas entièrement déterminée par celui qui le produit. [...]


[...] Ce que l’homme accomplit par son travail peut-il se retrouner contre lui ? P ar définition, le travail est, notamment, l’activité par laquelle l’homme modifie les processus naturels pour en tirer profit. Dans ces conditions, il paraît paradoxal de dire que ce que l’homme accomplit par son travail peut se retourner contre lui Si c’était le cas, ne suffirait-il pas à l’homme de cesser de travailler, ou de modifier la direction de son travail pour le remettre à son service ? [...]


[...] La différence des terrains, des climats, des saisons, put les forcer à en mettre dans leurs manières de vivre. Des années stériles, des hivers longs et rudes, des étés brûlants qui consument tout, exigèrent d’eux une nouvelle industrie. Cette application réitérée des êtres divers à lui-même, et les uns aux autres, dut nécessairement engendrer dans l’esprit de l’homme la perception de certains rapports. Les nouvelles lumières qui résultèrent de ce développement augmentèrent sa supériorité sur les autres animaux en la lui faisant connaître La raréfaction des ressources extérieures est ce qui pousse l’homme à puiser dans ses ressources intérieures pour, simultanément, s’adapter au milieu et adapter le milieu à lui. [...]


[...] Au point que la responsabilité est tellement subdivisée que celui même qui vend effectivement les armes peut penser que sa propre par de responsabilité est quasi-nulle. D’ailleurs, dira-t-il, ce n’est pas lui qui les utilise finalement, ces armes. D’ailleurs, pourrait-on ajouter, celui qui, à l’autre bout du monde, vend des chaussures pour une compagnie qui appartient en fait à cette même multinationale qui vend des armes, et dont les comptes sont liés, n’a-t-il pas lui aussi une part de responsabilité dans cette vente d’armes ? [...]

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Informations sur le doc

Date de publication
16/02/2009
Langue
français
Format
Word
Type
dissertation
Nombre de pages
6 pages
Niveau
grand public
Consulté
16 fois

Informations sur l'auteur Pascale B. (étudiant)

Niveau
Grand public
Etude suivie
droit des...
Ecole, université
SK
Note du document :
         
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Ce que l'homme accomplit par son travail peut-il se retourner contre lui ?

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