Oodoc change de nom : découvrez tousLesDocs

X

Accéder à ce doc

Résumé du document
  ACCÉDER à ce doc

En septembre 1938, les chefs de gouvernement de la France, de l'Angleterre et de l'Italie signent les accords de Munich avec l'Allemagne nazie, permettant ainsi à l'armée d'Hitler d'annexer en toute immunité le territoire des Sudètes. Le président tchécoslovaque ne sera pas présent, bien que ces accords mettent quasiment fin à l'indépendance de son pays.

La France possède un traité d'alliance avec la Tchécoslovaquie, ce qui veut dire qu'elle avait passé des accords pour garantir les frontières de son alliée. Cependant, les accords de Munich cèdent aux Nazis un partie de la Tchécoslovaquie en échange de vagues promesses de paix. L'une des principales démocraties européennes bafoue un traité avant Hitler (...)

Extraits

[...] Selon lui, l'Allemagne nazie n'aura de cesse de convoiter et réclamer de nouveaux territoires afin de contester ressources et présence militaire à travers toute l'Europe de l'Est. "La défection de la France a produit à l'étranger un mouvement de stupeur et de réprobation dont la presse n'a donné qu'une faible idée. Grossis de toute leur force nouvelle, les fascismes pèseront demain d'un poids accru sur la résistance espagnole [ . ] A brève échéance nous verrons un gouvernement nazi à Budapest. [...]


[...] Aussi, jusqu'à quel point et dans quelle mesure la virulence du communisme à cette époque a-t-elle poussé certaines mentalités droit dans la direction du fascisme ? Les gens se voyaient obligés de choisir entre deux extrêmes qui, par ailleurs, développèrent par la suite "certaines parentés de manière". . ] un petit peuple étourdi d'alcools qui pense à ses économies : on ne nous fera pas croire que c'étaient là des hommes qui ne voulaient pas tuer ; c'étaient bien plus simplement des hommes qui ne voulaient pas se battre. [...]


[...] On pourrait souhaiter que l'opération, pour violente qu'elle soit, n'introduisit pas avec le remède une nouvelle perversité." Qui plus est, refuser de prendre en considération l'appareil fasciste, refuser de l'examiner, pourrait nous priver d'employer certaines de ses caractéristiques qui lui ont valu le succès dans certains domaines : "Nous pouvons abominer l'inspiration de la révolution nazi, mais quand bien même elle comporte un mal absolu, elle n'est pas dans toutes ses pièces un mal absolu." Ces succès de l'Allemagne nazie pourraient aussi se voir réalisés par les démocraties sans pour autant devenir nazies, mais simplement en examinant attentivement les rouages de l'appareil économique, industriel et militaire allemand : "Il n'est pas question, bien entendu, d'une imitation où nous perdrions tout simplement notre âme. Mais une certaine équivalence d'énergie et un certain synchronisme de rythme peuvent être atteints sans que nous assumions pour cela un esprit étranger au nôtre." La troisième réaction à éviter serait de céder au ressentiment anti-allemand : "L'Allemagne [ . ] peut, à son tour, connaître son grand siècle, sans que nous ayons [ . ] à en prendre ombrage. [...]


[...] Au Royaume-Uni, il en est de même pour le dirigeant anglais, il se voit jusqu'à surnommer le "faiseur de paix". En somme, l'opinion générale se voit soulagée et reconnaissante de ces accords de paix qui semblent éviter un conflit à grande échelle. Pour Emmanuel Mounier, c'est à cette majorité de la population qu'incombe surtout la "démission de la France". Les citations qui suivent, mises ensemble et abrégées pour un compréhension plus nette de son point de vue, forment une véritable attaque en règle contre une large portion de la population française. [...]


[...] Face à un État-nation pratiquant une politique totalitaire et expansionniste, face à la vigueur de l'impérialisme hitlérien, quelles peuvent être les alternatives des démocraties occidentales ? Sont-elles condamnées à capituler totalement face à la poussée de l'Est ? Existait-t-il, aux yeux de notre auteur, une alternative aux noires prévisions qu'il vient de tracer ? Emmanuel Mounier préconise de toute urgence une union stratégique entre États-nations désirant s'allier contre le nazisme : une telle "nouvelle sainte alliance" devra être avant tout une alliance économique : il s'agirait en premier lieu d'établir un blocus commercial total sur l'Allemagne, une rupture totale de contact économique. [...]


[...] Il est désormais le ressort d'un fait historique global et indissociable. La liberté des Sudètes, c'est toute l'Europe centrale appelée à renforcer l'oppression de millions de juifs, de chrétiens, d'ouvriers, d'hommes libres." Pourquoi certains parlaient-ils du rattachement des Sudètes comme d'une "opération se suffisant à elle-même" ? On a pu penser que cette revendication sera la dernière de l'Allemagne, voire même parce qu'il s'agirait d'une revendication légitime. On a invoqué le caractère incontestablement allemand des territoires qui ont fait l'objet du litige, et la volonté des populations intéressées, en raison des faits historiques suivants : En 1918, les députés des Allemands des Sudètes siégeant au Conseil Impérial refusent l'adhésion à l'État tchécoslovaque nouvellement crée, et demandent le rattachement de leurs régions à un État allemand-autrichien. [...]


[...] Nous devrions peut-être faire honnêtement office d'introspection et voir si nous aimerions vraiment habiter dans un État qui ne posséderait aucune armée. N'y aurait-il pas toujours un voisin suspect qui pourrait projeter de nous spolier nos droits ? A l'égoïsme indifférent de l'être humain pragmatiquement plus tolérable aujourd'hui en raison de l'absence relative de menace politique proche de nous - pourrait s'ajouter un certain degré de paranoïa ? Un désarmement collectif est-il envisageable sans une profonde révolution individuelle ? Tasio Retortillo, M1 de philosophie, Université Pierre-Mendès France, 2008. [...]


[...] Nous ne trouvons aucune réponse tranchée à cette question dans le texte, mais il peut sembler crédible que l'auteur, en vue l'ampleur du désastre qu'il attendait à juste titre de la part du nazisme, aurait répondu par l'affirmative. Pour Emmanuel Mounier, il faudrait par ailleurs plutôt parler "d'une démocratie à inventer que d'une démocratie à défendre, d'une liberté à armer que d'une liberté à sauver, d'une révolution que d'une sauvegarde." (c'est nous qui soulignons) "On conçoit qu'à ce régime les habitudes démocratiques se sentent quelque peu surmenées. Qu'à cela ne tienne. Que les démocraties [ . [...]


[...] Mais si la trahison de la France envers la Tchécoslovaquie ne saurait être excusable à peu de frais, Mr. Mounier omet de préciser - lui qui traite par ailleurs de facteurs psychologiques - qu'elle n'en demeure pas moins psychologiquement explicable. La grande guerre de 1914-18 fût, à notre connaissance, la plus cruelle démonstration d'indifférence barbare dont les hommes aient fait preuve : la bataille de Verdun vit à elle seule tomber plus de six-cent mile braves, et la plupart ne virent même pas l'ennemi. [...]


[...] La rivalité entre les Allemands et les Tchèques s'amplifie tout au long des années 1930. La minorité allemande - majoritaire, cependant, dans les régions concernées - exhortée par son chef nazi, augmente ses exigences. Suite à l'Anschluss en 1938, il devient évident que la prochaine revendication d'Hitler, en vertu du principe de nationalité et du contexte historique exposé ci-dessus - notre auteur note d'ailleurs que "l'excitation artificielle d'une bonne propagande sait aujourd'hui créer de telles "volontés" collectives à partir d'un germe insignifiant" - concernera l'annexion des Sudètes. [...]

ACCÉDER à ce doc  

Informations sur le doc

Date de publication
21/07/2009
Langue
français
Format
pdf
Type
dissertation
Nombre de pages
7 pages
Niveau
grand public

Informations sur l'auteur Tasio R. (étudiant)

Niveau
Grand public
Etude suivie
droit des...
Note du document :
         
ACCÉDER à ce doc  
Emmanuel Mounier, "Lendemains d'une trahison" (compte-rendu)

«En septembre 1938, les chefs de gouvernement de la France, de l'Angleterre et de l'Italie signent les accords de Munich avec l'Allemagne nazie, permettant ainsi à l'armée d'Hitler d'annexer en toute immunité le territoire des Sud...»

Littérature et Arts   |  Philosophie  |   Dissertation  |   fr  |   .pdf  |   7 pages   |   publié en 2009
Les partis politiques français depuis 1789

«Il n'existe pas de société humaine sans règles, donc sans pouvoir apte à les émettre. Ce pouvoir s'exerce dans ce pays selon les techniques de la démocratie et les principes de la République. Ce pouvoi...»

Économie et Social   |  Sciences politiques  |   Cours  |   fr  |   .doc  |   36 pages   |   publié en 2010
Histoire politique et constitutionnelle de la France de 1789 à 1958

«Alors il faut vénérer la légitimité comme un génie invisible de la Cité. Trois principesessentiels :- La légitimité est relative dans le temps, une époque ne choisit pas...»

Histoire et géographie   |  Histoire contemporaine  |   Cours  |   fr  |   .pdf  |   69 pages   |   publié en 2007
Fiches d'Histoire des Idées Politiques

«Spinoza : né à Amsterdam d'un père juif portugais, est un philosophe et un grand commerçant.Il crée une véritable science politique sans vision moralisatrice afin d'en faire une science indépenda...»

Droit   |  Droit autres branches  |   Fiche  |   fr  |   .doc  |   48 pages   |   publié en 2011
Penser l'Europe, histoire d'une idée avant les premières réalisations concrètes

«Le sentiment d'identité européenne est différent selon la période considérée et les populations du continent européen n'ont pas toujours forcément conscience de ce qui les rassemble, même ...»

Histoire et géographie   |  Histoire contemporaine  |   Cours  |   fr  |   .doc  |   60 pages   |   publié en 2011

Meilleures ventes en philosophie

Derniers docs en philosophie

Modes opératoires avec analyse des risques (travaux publics et bâtiment)
Littérature et Arts   |  Philosophie  |   Étude de cas  |   fr  |   .pdf  |   64 pages   |   publié en 2012
Rousseau : "Discours sur les sciences et les arts"
Littérature et Arts   |  Philosophie  |   Commentaire de texte  |   fr  |   .doc  |   13 pages   |   publié en 2007
Résumé des cours de philosophie de Terminale
Littérature et Arts   |  Philosophie  |   Cours  |   fr  |   .doc  |   40 pages   |   publié en 2007
Peut-on connaître autrui ?
Littérature et Arts   |  Philosophie  |   Dissertation  |   fr  |   .doc  |   3 pages   |   publié en 2008
La conception du monde dans le Tractatus de Wittgenstein
Littérature et Arts   |  Philosophie  |   Dissertation  |   fr  |   .doc  |   19 pages   |   publié en 2008
Virgile : fiche biographique
Littérature et Arts   |  Philosophie  |   Fiche  |   fr  |   .doc  |   2 pages   |   publié en 2014
Tite-Live : fiche biographique
Littérature et Arts   |  Philosophie  |   Fiche  |   fr  |   .doc  |   1 page   |   publié en 2014