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Le sommaire
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Introduction

I) En quel sens une passion peut-elle être jugée déraisonnable ?

A. La réduction du raisonnable au rationnel
B. Illustration de cette réduction
C. La distinction plaisir - intérêt

II) Le système scientifique des passions et l'impossible évaluation en surplomb du mécanisme naturel

A. C'est la position d'un bien dans un contexte de choix qui détermine le degré de sa force impressive
B. L'analogie scientifique
C. Ce n'est pas la passion qui est déraisonnable, c'est le jugement

Conclusion
Références

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Résumé du document
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Il est courant, lorsque nous réfléchissons aux rapports que la raison entretient avec nos passions, d'adopter une position dualiste et conflictuelle. On tient pour une évidence que la raison est en nous l'organe directeur légitime de nos actions, au titre du pouvoir qu'elle confère à l'homme de réfléchir sur lui-même et d'analyser le contenu des informations fournies par ses sens, de découvrir les lois fondamentales de la nature et de dégager les principes moraux et politiques propres à conduire les hommes dans la direction du bien et de l'intérêt général. La passion, au contraire, est souvent perçue comme un facteur de perturbation et un obstacle aux délibérations rationnelles. Elle est décrite comme un désir puissant échappant au contrôle de la volonté individuelle, agissant sur elle à la manière d'un commandement impérieux, n'obéissant ni au bon sens ni aux respects des règles élémentaires de la morale ()

Extraits

[...] [Questions] La raison est-elle donc, comme on le présuppose souvent, un principe d’activité intérieur et d’action extérieur contraire au principe actif passionnel de notre nature, ou bien son activité dépend-elle de l’orientation que nos passions lui confèrent ? La raison est-elle naturellement destinée à gouverner notre nature sensible, ou bien faut-il considérer qu’elle n’est que la machine de calcul esclave de nos passions ? En quel sens peut-on dire que nos passions sont déraisonnables ? Comment expliquer qu’elles ne nous portent pas toujours à poursuivre l’objet d’une satisfaction maximale ? Les passions comportent-elles en elles-mêmes un principe de fonctionnement irrationnel ? [...]


[...] se comprend ici comme : La passion est-elle déraisonnable ? Est- ce la raison qui en nous le principe directeur actif de notre conduire, ou bien est-ce la passion, ou bien enfin sont-elles deux principes d’actions différents ? La raison et la passion s’opposent-elles du point de vue de nos actions ? Notons que ces questions ne sont pas d’ordre moral. Bien que Hume use dans le texte d’exemples dont la dimension morale est fortement marquée, ce n’est pas ce point de vue qui retient son attention. [...]


[...] Les impressions des sens, tous les plaisirs et les douleurs corporels appartiennent à la première espèce ; les passions et autres émotions qui leur ressemblent appartiennent à la seconde. Poser sa main sur une plaque chauffante produit une impression immédiate de douleur, ou une sensation de douleur, qui peut soit générer immédiatement une haine (passion) de ces marchandises, soit générer du chagrin (passion) si l’on se représente (intervention d’une idée) qu’un tel accident a toutes les chances de se reproduire au moins une fois au cours de la vie. [...]


[...] Déraisonnable ne signifie pas non-conforme au bien mais seulement contraire à la raison c’est-à-dire à la nature de la raison[3]. Cette première phrase concède qu’il y a bien un sens en lequel on peut qualifier de raisonnables ou de déraisonnables nos passions, en les comparant aux conclusions de notre raison sur lesquelles elles s’appuient, mais il semble encore suggérer que la raison a le pouvoir de juger la valeur des impressions passionnelles qui déterminent notre volonté. S’agit- il ici de souligner le rôle actif de la raison, explicitement placée dans la position d’un juge, d’un arbitre, qui condamne ou valide ? [...]


[...] Elles ont donc un pouvoir d’action sur nos passions, qui nous oblige à préciser le sens de la célèbre formule humienne : la raison est l’esclave de nos passions. Elle en est l’esclavage en deux sens : d’abord son activité est gouvernée par des passions. Sans passions, notre faculté de connaître ne se livrerait à aucune analyse, elle ne trouverait aucun motif d’établir des relations entre telle et telle partie de la réalité plutôt qu’entre telle et telle autre partie. [...]


[...] Les passions ne sont pas des tableaux de la réalité, mais des faits impressifs appartenant à la réalité elle-même. Le vrai et le faux étant les objets de la raison, on dira qu’une pensée et qu’une impression[17], quand elles sont vraies ou fausses, interviennent dans des jugements qui seront respectivement raisonnables ou déraisonnables. En toute rigueur doit être jugée raisonnable le jugement exploitant une idée ou une impression qui entretient avec son objet un rapport d’adéquation, et déraisonnable le jugement qui exploite une idée ou une impression qui entretient avec l’objet auquel elle renvoie un rapport de non adéquation. [...]


[...] Si l’on n’en peut tirer la conclusion que les passions sont déraisonnables, au sens où elles s’écarteraient des conclusions et des conseils de la raison, n’est-on pas toutefois fondé à penser qu’elles sont déraisonnables en elles-mêmes, au sens où il paraît irrationnel de préférer un bien avant qu’on se soit assuré par sa raison de sa supériorité par rapport à un autre bien ? Est-ce la nature humaine elle-même qui, en donnant le privilège de l’action à notre système passionnel, obéit à des lois absurdes et irrationnelles ? [...]


[...] Toute cette discussion rappelle fort l’échange entre Socrate et Protarque dans le Philèbe, lorsqu’il s’agit de savoir si un plaisir, une douleur ou, plus généralement, une passion, peuvent être dits vrais ou faux. Si Protarque admet que l’on puisse dire vraie ou fausse l’opinion qui accompagne une passion, il n’admet pas contrairement à Socrate que cette qualité puisse se transmettre à la passion même (36c-41a). On peut encore penser à Malebranche, que Hume cite souvent et dont les positions expliquées dans le célèbre passage du Traité de morale 12-13) sont ici vivement contrecarrées. David Hume, Traité de la nature humaine. La Morale (1740), Tome III, GF-Flammarion p milieu. [...]


[...] En tant que tableaux de la réalité, elles peuvent être vraies ou fausses, mais pas en tant qu’impressions. Une impression n’est donc, au sens propre, jamais raisonnable ou déraisonnable, même lorsqu’il s’agit d’une idée. Seules les idées, envisagées sous l’angle de leurs propriétés représentatives, peuvent être qualifiées de vraies ou de fausses, et par conséquent les jugements qui sont formulées à partir d’elles de raisonnables ou de déraisonnables. David Hume, Traité de la nature humaine. La Morale (1740), Tome III, GF-Flammarion p haut. [...]


[...] Peut-être le destin de l’homme est-il d’avoir une vie brève mais fiévreuse, excitante et extravagante, plutôt qu’une existence longue, végétative et monotone (NGR 1979b, ch. II). Aujourd’hui, un nouveau courant scientifique rend l’horizon plus sombre, voire sinistre. C’est le biologisme qui soutient que nos comportements de base sont entièrement déterminés par notre constitution génétique. Des gènes ataviques, très résistants, font de l’homme un animal fondamentalement agressif et égoïste. Ainsi, même si Homo sapiens sapiens peut comprendre ce qu’il doit faire pour son salut écologique, sa nature l’empêche de suivre le conseil de la sagesse. [...]

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Informations sur le doc

Date de publication
28/01/2010
Langue
français
Format
Word
Type
dissertation
Nombre de pages
13 pages
Niveau
grand public
Consulté
1 fois

Informations sur l'auteur Charlotte R. (étudiant)

Niveau
Grand public
Etude suivie
histoire...
Ecole, université
Sorbonne
Note du document :
         
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Hume, "Traité de la nature humaine", Livre III, Partie 2, Section 5 : Les rapports entre les hommes : explication de texte

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