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D'où tirons-nous l'idée que la connaissance du monde est possible, et que les lois que nous formulons, l'ordre que nous concevons, correspondent à la réalité objective ?

Ces deux questions, les sciences positives paraissent ne pas les poser ou les avoir résolues de facto, puisque leur seule existence atteste, semble-t-il, la possibilité même de la connaissance du monde ()

Extraits

[...] Pouvoir dont Kant inscrivait la possibilité dans une faculté propre au sujet connaissant. Conclusion Nous avons vu que le problème posé par Hume ne concerne pas tant l'utilisation pratique de la notion de causalité que son mode de formation et son fondement. Il est vrai qu'en considérant le point de vue d'un observateur formant l'idée de causalité à partir de sa mémoire» sensible et des associations qu'il a pris l'habitude de faire en raison de son expérience, la réalité même de la notion qui lui devient familière fait problème. [...]


[...] Mais vous vous méprenez sur l'objet de ma question. Comme agent, je suis entièrement satisfait sur ce point; mais comme philosophe, ayant quelque peu de curiosité, je ne dirai pas de scepticisme, je désire apprendre le fondement de cette inférence.» Hume récuse en fait la possibilité de raisonnements a priori et affirme que toute notre connaissance «naît entièrement de l'expérience quand nous trouvons que des objets particuliers sont en conjonction constante l'un avec l'autre» (section VII). Quant au processus mental qui est à l'œuvre dans une telle «connaissance ce n'est pas autre chose, selon lui, que l'habitude: «Toutes les inférences tirées de l'expérience sont donc des effets de l'accoutumance, non du raisonnement.» (Section V.) Notons que Hume lui-même signale l'enjeu éthique et politique d'une telle distinction: ainsi, par exemple, l'idée des limites du gouvernement et d'une Constitution «peut être défendue, soit par la raison qui, réfléchissant sur la grande fragilité et la grande corruption de la nature humaine, enseigne qu'on ne peut se fier sûrement à aucun homme possédant une autorité sans limite; soit par l'expérience et l'histoire, qui nous informent des énormes abus qu'on a vu l'ambition, en tout âge et en toute contrée, faire d'une si imprudente confiance» (ibid.). [...]


[...] Hume, Enquête sur l'entendement humain, section IV : l’expérience Commentaire composé semi-rédigé sur un extrait de Enquête sur l'entendement humain, section IV, de Hume, posant les questions suivantes : d’où tirons- nous que la connaissance du monde est possible, quel est le statut réel des conclusions que je tire de l'expérience vécue? Texte étudié Le pain, que j'ai mangé précédemment, m'a nourri; c'est-à-dire un corps, doué de telles qualités sensibles, était, à cette époque, doué de tels pouvoirs cachés; mais en suit-il qu'il faille que d'autre pain me nourrisse en une autre époque et que des qualités sensibles semblables s'accompagnent toujours de semblables pouvoirs cachés? [...]


[...] La prévision scientifique - Galilée peut décrire a priori la chute d'un corps et prévoir l'espace parcouru par celui-ci en un temps déterminé - échappe objection de Hume dans la mesure où elle ne met pas seulement en jeu une sorte accoutumance», d'association mentale extérieure à son objet: elle repose sur la formulation de la loi de production d'un phénomène, sur un savoir expérimental et non pas empirique. Les mêmes causes produisent les mêmes effets» et - toutes choses égales par ailleurs - un mécanisme naturel provoquera toujours les mêmes effets compte tenu de sa caractéristique. L'observation provoquée que constitue le montage expérimental (cf. Claude Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale) n'est plus seulement l'observation simple, subie et passive: elle atteste le pouvoir d'anticipation du savant. [...]


[...] C'est à partir de ce point que l'on peut revenir sur la conception de Hume. Ne faut- il pas en effet considérer l'expérience non comme un donné originaire, mais comme une réalité constituée qui n'existe que par et dans le pouvoir structurant du sujet connaissant? L'existence des objets doit, certes, être rencontrée (c'est le rôle de l'intuition sensible), mais l'expérience ne peut en être pleinement signifiante qu'à l'intérieur des cadres de la sensibilité et de l'entendement. Les termes du problème sont al,ors quelque peu modifiés, puisque le sujet connaissant ne prétend pas statuer sur les choses en soi» et ne s'attache qu'à rendre compte du monde des phénomènes auxquels il a accès. [...]


[...] Donc le pain est nourrissant. Au niveau de la seule observation, le moyen terme x n'est pas présent et la conclusion en forme syllogistique n'a donc rien de légitime. Une telle critique met en jeu, par ailleurs, une certaine conception des facultés humaines. Seule l'observation répétée, la perception et les associations qu'elle provoque dans l'esprit semblent être prises en compte. Il n'y semble-t-il, dans la configuration de ces facultés, aucune possibilité a priori de structurer l'expérience, ou de la dépasser, et d'attribuer légitimement aux «leçons» qu'on en tire une valeur objective, déterminant le lien de causalité observé comme une propriété des choses elles-mêmes. [...]


[...] Mais la causalité, qui implique une intervention implicite de l'esprit en tant qu'il prétend statuer sur ce qui lui est rigoureusement extérieur, fait problème, car elle déborde les limites de l'expérience effective. Doit-on dès lors la concevoir comme une donnée arbitraire, fruit de l'imagination humaine, ou comme une convention nécessaire, grâce à laquelle les «messages» de l'expérience peuvent être organisés et informés, structurés? La métaphysique dogmatique semblait ne pas voir de problème majeur dans cette question - mais on peut se demander si son attitude ne relevait pas d'un présupposé. [...]


[...] Ce qui est analysé, c'est l'acte mental implicite par lequel une succession ou une association empirique est interprétée et référée à une loi causale nécessaire. La négation du pouvoir d'anticipation de l'expérience de l'homme repose ici sur une argumentation qui recourt pour une large part à la logique, mais aussi à une certaine conception des facultés de l'homme. C'est d'un point de vue essentiellement logique que Hume critique l'affirmation selon laquelle un objet qui a manifesté telle ou telle propriété la manifestera de nouveau, et indéfiniment, dans l'avenir: il y a là une «inférence» dont la validité fait problème . [...]


[...] Le moyen terme (ici est le terme qui dans un syllogisme est commun aux deux prémisses (ici, les deux premières propositions), et assure le rapport entre le terme «mineur» (ici, «Socrate») et le terme, «majeur» mortels»). Un tel terme est dit moyen à la fois parce que son extension est intermédiaire entre le plus grand terme (mortel) et le plus petit (Socrate) et parce qu'à ce titre il rend possible l'affirmation de la conclusion. Dans l'exemple donné par Hume, on pourrait appeler x un tel moyen terme et faire apparaître ainsi le syllogisme implicite de l'observateur qui énonce la conclusion évoquée: Tous les pains sont x. Or x est nourrissant. [...]


[...] La distinction de la connaissance et de ce qui n'est pas elle, la rigueur et la fécondité des démarches cognitives, définissent, entre autres, l'enjeu d'une telle réflexion critique. Dans cette perspective, proprement philosophique, le statut de la causalité mérite une explicitation approfondie. Les évidences empiriques, le scientisme, ne conduisent guère à la lucidité celui qui entreprend de réfléchir sur ce qu'il fait, sur le processus de connaissance qu'il veut maîtriser pour le développer mieux encore. Le texte de Hume permet de réfléchir Sur ce type de question, et ce, à partir d'un exemple familier. [...]

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Informations sur le doc

Date de publication
15/02/2010
Langue
français
Format
Word
Type
dissertation
Nombre de pages
5 pages
Niveau
grand public
Consulté
4 fois

Informations sur l'auteur (étudiant)

Niveau
Grand public
Note du document :
         
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