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Le sommaire
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Introduction

I) La manière dont nous menons notre vie repose-t-elle uniquement sur des choix ?
II) N'y a-t-il pas d'autres moyens de nier la fatalité de la mort ?
III) Vivre comme si nous ne devions jamais mourir nous permet-il réellement d'atteindre le bonheur ?

Conclusion
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Résumé du document
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Cette question met en jeu la finalité de l'existence humaine, l'orientation qu'il convient de donner à ses pensées et ses actions afin d'accomplir au mieux cette existence. Mais que peut bien signifier « accomplir au mieux son existence » lorsqu'on a conscience de devoir mourir un jour ? Selon Heidegger, l'horizon permanent de la mort qui imprègne tous les moments de notre existence, que cet horizon soit ou non explicitement présent à notre conscience, représente ce qu'il appelle notre possibilité la plus propre, absolue et indépassable, celle de l'impossibilité de tout comportement de notre part (...)

Extraits

[...] L’être pour la mort ne signifie pas un refus de la vie mais la finitude essentielle de notre vie. Mais alors se pose la question des choix qu’il convient de faire étant donné cette finitude indépassable de notre existence. Puisque exister, c’est essentiellement selon Heidegger choisir, choisir de réaliser telle ou telle possibilité de vie, et que toute possibilité de vie est suspendue en dernier ressort à la possibilité ultime (de notre mort), comment convient-il de se situer face à cette possibilité ultime? Faut-il la nier, se tourner vers elle ou lui être indifférente ? [...]


[...] Et selon quel critère faut-il mesurer cette obligation morale? On pourrait dans un premier temps penser que le meilleur moyen d’affirmer la vie, c’est de nier la mort. Mais il y a plusieurs moyens de nier la mort. La plus radicale est peut-être de refuser d’admettre que la mort soit inéluctable, car après tout, les progrès de la science et des techniques ne permettent-ils pas d’envisager de reculer toujours plus les limites de la vie? Descartes par exemple n’excluait pas que les progrès de la médecine puissent nous affranchir de la maladie, de la vieillesse, et peut-être même de la mort (voir la sixième partie du Discours de la méthode). [...]


[...] Mais ceci est-il réellement une affaire de choix? C’est ainsi que Freud, s’inspirant de la philosophie de Schopenhauer, a proposé dans la deuxième période de sa vie, en particulier dans un essai intitulé Au-delà du principe de plaisir, une interprétation métaphysique de la vie foncièrement pessimiste. La vie, dans tous ses aspects, serait selon lui régie par ce qu’il appelle une pulsion de mort. La tendance fondamentale de tout être vivant serait de réduire toute forme de tension, de restaurer un état antérieur d’absence de sensation: le vivant aspirerait sans cesse, et même si consciemment, il a un sentiment opposé, à retrouver un état que le vivant a jadis abandonné par pur accident, à savoir l’inorganique. [...]


[...] Mais est-ce là vraiment une affaire de choix, comme le sous-entend le faut-il» de la question posée? Ne peut-on pas en effet considérer que le simple fait de vivre implique essentiellement, ontologiquement, à un niveau peut-être plus fondamental que notre conscience, l’aspiration à la mort ou au contraire le refus radical de mourir? Mais quoi qu’il en soit de cette signification ultime de l’existence, s’il y en a une, et qui engage une certaine métaphysique de la vie, le propre de l’existence humaine n’est-il pas d’avoir le choix de refuser d’assumer cette signification, donc de donner à sa propre vie un sens, une finalité arbitraire, sachant que ce qu’on choisit de croire ne s’accorde pas nécessairement avec ce que l’on sait? [...]


[...] C’est ce que Heidegger nomme l’angoisse de la mort, qu’il prend soin de distinguer de la peur de la mort. Cette angoisse n’a rien d’un sentiment pathologique, qui polariserait notre pensée sur la hantise de notre disparition éventuelle. L’angoisse au sens de Heidegger est l’expérience de notre étrangeté radicale au monde, du fait que la totalité des choses du monde deviennent tout à coup sans signification, sans importance, glisse en quelque sorte en marge de notre être. Le monde ni autrui ne semble plus alors plus rien nous offrir, nous avons alors le sentiment de ne plus être chez nous dans le monde. [...]


[...] Jusque dans la maladie grave, nous continuons souvent à penser jusqu’au bout la mort comme un phénomène extérieur à nous. Et si pourtant on réalise soudain son caractère imminent, on prend peur devant la mort, mais cette peur ne fait qu’exprimer négativement la même chose que sa banalisation, à savoir une fuite devant ce qu’elle peut signifier au-delà d’un événement brutal qui termine interrompt une vie, dérange le cours naturel des choses. La mort est donc vue comme un accident, dans les deux sens du terme d’une part quelque chose qui survient à l’improviste, mais dans un avenir indéterminé (et donc qui ne peut pas impressionner fortement notre imagination), et dérange le travail, l’organisation de son existence, la famille, ses intérêts ; d’autre part donc quelque chose de non essentiel, quelque chose qui ne s’intègre pas dans l’ordre social, ou plutôt qui s’y intègre si bien qu’elle ne se remarque plus, qu’elle est recouverte par toutes les institutions qui persistent audelà de la mort des individus. [...]


[...] C’est ainsi que selon Kant, la morale n’est pas la doctrine qui nous enseigne comment nous devons nous rendre heureux, mais comment nous devons nous rendre digne d’être heureux, c’est-à-dire respectueux de la loi morale. Or, à l’échelle d’une vie, on ne peut, dit Kant, espérer un perfectionnement moral que très restreint. Dans ces conditions, même si l’on ne peut avoir aucune certitude théorique sur l’existence d’une vie après la mort, d’un point de vue pratique, c’est-à-dire moral, on doit postuler l’immortalité de notre âme pour fonder l’espérance d’un progrès indéfini sur la voie de la moralité. [...]


[...] Mais n’y-a-t-il pas d’autre moyens de nier, ou dénier cette fatalité? Selon Heidegger, il n’est nullement nécessaire de se fonder sur des arguments rationnels et les avancées possibles de la science, pour nier le phénomène fondamental de la mort et le fait que ce phénomène conditionne essentiellement toutes les modalités de notre existence. En effet, la dénégation de la mort est inhérente à ce que Heidegger nomme la préoccupation qui caractérise notre expérience quotidienne. La familiarité du quotidien, son caractère rassurant proviennent de l’identification de notre moi et de tous les phénomènes de notre entourage à des choses bien connues, communes à tous. [...]


[...] Elle est plus essentiellement ce qui nous fait saisir toute possibilité de vie comme contingente, c’est-à-dire comme ce qui pourrait ne pas être à chaque instant. Finalement, en admettant que l’existence humaine est fondamentalement orientée par la perspective de la mort, que ce soit sur un plan psychologique ou ontologique, il semble que l’on puisse toutefois faire le choix d’accepter ou de refuser volontairement cette perspective. Mais faire de cette résolution une règle d’action, sur un plan moral donc, peut engendrer des effets aussi bien positifs que négatifs. [...]


[...] Si donc on assigne comme principe essentiel de la moralité la recherche de la vertu, vivre comme si nous ne devions pas mourir répond à une utilité positive et non pas simplement négative. Il ne s’agit pas seulement de conjurer la peur de la mort, auquel cas le principe de la moralité reposerait sur un motif sensible, en dernier ressort égoïste, mais d’affermir la résolution de se perfectionner moralement dans des actions concrètes. Toutefois, en ce qui concerne le bonheur, ne peut-on pas douter que la perspective d’un prolongement indéfini de notre existence ne puisse en aucun cas augmenter en quoi que ce soit nos chances de l’atteindre ou de s’en approcher davantage, vu que la satisfaction de nos désirs ne dépend pas tant de la durée dont on dispose pour l’obtenir que de la nature des objets qui sont susceptibles de nous la procurer? [...]

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Informations sur le doc

Date de publication
09/04/2010
Langue
français
Format
pdf
Type
dissertation
Nombre de pages
6 pages
Niveau
grand public
Consulté
3 fois

Informations sur l'auteur Adrien G. (étudiant)

Niveau
Grand public
Etude suivie
droit des...
Note du document :
         
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