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Le sommaire
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Introduction

I) Les bornes de la jeunesse et de la vieillesse sont à la fois mouvantes et arbitraires, et semblent, en partie tout du moins, définies par le regard que jettent sur ces populations les pouvoirs publics

A. La vieillesse et la jeunesse sont des constructions sociales dont les frontières évoluent, et ces notions recouvrent désormais des situations très diverses, justifiant probablement un découpage plus fin des âges de la vie
1. Phénomènes historiques et culturels, les frontières entre les âges sont très variables
2. La transition entre l'enfance et la vie adulte est désormais progressive, et il faut distinguer l'adolescence de la jeunesse proprement dite
3. La vieillesse recouvre des situations très différentes, selon que l'on évoque le troisième ou le quatrième âge

B. Tant et si bien que les définitions de ces âges apparaissent en définitive assez arbitraires, dans la mesure notamment où ces seuils tiennent au traitement réservé à ces populations par les pouvoirs publics
1. La jeunesse et la vieillesse sont, d'une certaine manière, « des données biologiques socialement manipulées », et les pouvoirs publics ne sont pas étrangers à cette catégorisation de la population
2. Les pouvoirs publics cherchent à la fois à prévenir la délinquance des mineurs et à venir en aide aux jeunes en difficulté
3. La politique de la vieillesse renvoie cet âge à sa dépendance et à sa faiblesse

II) En dépit des significations différentes auxquelles elles renvoient, et bien que placées dans des conditions économiques et sociales inégales, ces classes d'âge ne sont pas réellement en conflit

A. Dans une société effrayée par la mort, le culte de la jeunesse contraste avec l'image essentiellement négative de la vieillesse
1. La vieillesse se définit en partie par la proximité de la mort, laquelle semble être devenue le nouveau tabou de nos sociétés modernes
2. La vieillesse souffre d'une image négative, notamment dans la mesure où les vertus qui lui sont attachées sont, dans nos sociétés modernes, faiblement valorisées
3. La modernité place au contraire la jeunesse au pinacle

B. Les conditions d'un conflit de générations semblent, au premier abord, réunies
1. Les générations sont placées dans des situations économiques et sociales très inégales
2. Les générations ne partagent pas en outre les mêmes aspirations et les mêmes systèmes de valeurs

C. Les mécanismes de solidarité entre classes d'âge compensent en partie l'inégale répartition des richesses, tandis que les frustrations de la vieillesse semblent sublimées par un phénomène d'accomplissement par procuration
1. La solidarité entre les générations compense en partie les inégalités socioéconomiques et le relatif dénuement de la jeunesse
2. Le phénomène des générations permet de sublimer les frustrations de la vieillesse

Conclusion
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Résumé du document
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« La jeunesse est une chose charmante ; elle part au commencement de la vie couronnée de fleurs comme la flotte athénienne pour aller conquérir la Sicile et les délicieuses campagnes d'Enna. La prière est dite à haute voix par le prêtre de Neptune : les libations sont faites avec des coupes d'or ; la foule, bordant la mer, unit ses invocations à celles du pilote : le péan est chanté, tandis que la voile se déploie aux rayons et au souffle de l'aurore. Alcibiade, vêtu de pourpre et beau comme l'Amour, se fait remarquer sur les trirèmes, fier des sept chars qu'il a lancés dans la carrière d'Olympie. » Cet extrait des Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand reflète bien le culte dont la jeunesse bénéficie dans le mouvement romantique. Séduction et force physiques, audace, dynamisme, Alcibiade en incarne toutes les vertus cardinales.

Extraits

[...] Dans une société effrayée par la mort, le culte de la jeunesse contraste avec l'image essentiellement négative de la vieillesse La vieillesse se définit en partie par la proximité de la mort, laquelle semble être devenue le nouveau tabou de nos sociétés modernes. La mort est un fait biologique, mais son appréhension constitue un phénomène historique et culturel, dont Philippe Ariès clans son Essai sur l'histoire de la mort en Occident, du Moyen Âge à nos jours a retracé les grandes évolutions, en distinguant plusieurs étapes. Philippe Ariès qualifie de mort apprivoisée la mort au Moyen-Âge, consciente, acceptée paisiblement, sans drame excessif. [...]


[...] Les rapports entre générations, particulièrement les relations économiques et financières qu'elles entretiennent, évoluent selon les formes d'organisation familiale. Dans le modèle de la famille souche et, de la famille communautaire, les différentes générations coexistant, pour ainsi dire, sous le même toit, et les classes d'âge formant un foyer unique, la solidarité entre les enfants, parents et grands-parents est presque sans limite. Dans les familles nucléaires au contraire, modèle dominant dans les sociétés occidentales, les classes d'âge ne sont plus aussi étroitement interdépendantes dans la mesure où elles vivent séparées, et les mécanismes de solidarité sont largement transférés à l'État, qui pourvoit notamment à travers les mécanismes de protection sociale et d'assurance retraite aux besoins des plus âgés, et qui mène, avec plus ou moins de volontarisme, une politique familiale au bénéfice des plus jeunes. [...]


[...] De nos jours, cet âge est somme toute assez banal, puisque l'espérance de vie moyenne des femmes atteint quatre- vingt trois ans, contre soixante-quinze ans pour les hommes. Les Romains distinguaient cinq étapes de la vie humaine : à soixante ans l'on devenait un senex, après avoir été tour à tour : de zéro à sept ans un infans, de sept à dix-sept ans un puer, de dix-sept à trente ans un adulescens, de trente à quarante-six ans un juvenis, de quarante-six à soixante ans un senior. [...]


[...] La question des retraites soulève en outre celle de l'équité entre générations. Alors que le rapport de dépendance entre les actifs et les retraités se dégrade, et que la durée de cotisation est passée en 2002 de 150 à 160 trimestres, il est permis de s'interroger sur le contraste entre les situations économiques des anciennes et nouvelles générations, et sur les liens de solidarité qui les unissent Les générations ne partagent pas en outre les mêmes aspirations et les mêmes systèmes de valeurs. [...]


[...] Au total, comme l'écrit Roland Barthes dans La voyageuse de nuit la préface qu'il consacre à La Vie de Rancé de Chateaubriand, le thème sapiential, si fréquent dans la littérature classique et chrétienne, a presque disparu des œuvres modernes : la vieillesse n'est plus un âge littéraire ; le vieil homme est très rarement un héros romanesque ; c'est aujourd'hui l'enfant qui émeut, c'est l'adolescent qui séduit, qui inquiète ; il n'y a plus d'image du vieillard, il n'y a plus de philosophie de la vieillesse, peut-être parce que le vieillard est indésirable Plus de place pour les personnes âgées, anomalies d'un monde moderne vouant un culte à la jeunesse : C'est cette langueur d'être vieux, étendue tout au long des Mémoires, qui est ici condensée sous la forme d'un solitaire, Rancé : car celui qui abandonne volontairement le monde peut se confondre sans peine avec celui que le monde abandonne. D'où la célèbre formule de Chateaubriand, soulignant l'exclusion dont est victime la vieillesse, comme rejetée hors du monde : La vieillesse est une voyageuse de nuit : la terre lui est cachée ; elle ne découvre plus que le ciel. 3. La modernité place au contraire la jeunesse au pinacle. [...]


[...] Et effectivement, c'est son portrait qui vieillit à sa place, jusqu'à ce que Dorian Gray ne le poignarde dans les dernières pages du récit, mettant fin à l'enchantement : Gisant sur le plancher, était un homme mort, en habit de soirée, un poignard au cœur ! . Son visage était flétri, ridé, repoussant ! . Ce ne fut qu'à ses bagues qu'ils purent reconnaître qui il était . Le David et Goliath du Caravage symbolise le triomphe de l'adolescent intrépide sur l'adulte, et ce bras tendu représente le geste de défi d'une jeunesse insolente. Le romantisme attribue à cette dernière dès vertus d'imagination et de dynamisme. [...]


[...] [ ] Il est manifeste qu'elle représente diffusément, dans l'esprit collectif, le point culminant de l'existence. Elle est l'âge de l'individu accompli avant la sénescence et la mort Aujourd'hui, c'est le terme de seniors qui lui est préféré, car ressenti comme plus allant, plus dynamique. La notion de quatrième âge désigne au contraire la vieillesse telle qu'on l'entendait d'autrefois, c'est-à-dire les plus fragiles des personnes âgées contemporaines, désignées également sous le vocable de personnes âgées dépendantes et dont le quotidien, notamment pour celles qui sont placées en institution, est marqué par la raréfaction progressive des contacts sociaux, par une sociabilité limitée à la parenté ou au voisinage, et par un affaiblissement physique lié à la sénescence. [...]


[...] La jeunesse précède l'entrée dans le monde adulte, mais les bornes qui séparent ces âges de la vie évoluent dans le temps. Ainsi, au début du Moyen Âge, on était apte à se marier et à fonder une famille dès l'âge de quinze ans pour les garçons, et douze ans pour les filles, c'est-à-dire dès la nubilité, contre quinze et dix-huit ans aujourd'hui. Ainsi, l'ingénu abusé par le tricheur à l'as de carreau, dans le tableau du même nom de Georges de La Tour (1635), semble avoir quatorze ans à peine. [...]


[...] Il existe effectivement une tension entre les générations, liées aux enjeux de partage du pouvoir et de la richesse, particulièrement dans les sociétés traditionnelles où le capital économique et politique se transmet par héritage, selon une logique lignagère. D'où la nécessité ressentie parfois par les héritiers de tuer le père et de prendre sa place, comme le récit du meurtre rituel de Totem et tabou, où Freud décrit la horde primitive se révoltant contre la figure paternelle omnipotente. C'est ce même conflit de générations qui oppose clans Le Cid Don Diègue et Don Rodrigue, l'ancêtre grisonnant et le fougueux jeune 'homme. [...]


[...] Au même moment, Péguy dans Notre jeunesse découvre une autre génération, antérieure, dreyfusarde celle-là : Nous sommes la dernière génération de la mystique républicaine. L'incomplétude et la frustration des adultes expliquent probablement ce mécanisme de transfert, de réalisation par procuration, d'érection de la jeunesse en dépositaire des espérances perdues. Barrès, toujours lui, croit encore une fois se reconnaître dans le François Mauriac qui publie, en 1910, son premier recueil de poésies Les Mains jointes, et lui écrit une lettre dans laquelle perce peut-être la nostalgie de sa propre enfance et des promesses et virtualités dont elle était porteuse : Je vous ai dit tout ce que je trouve de délicat et de charmant dans votre livre. [...]

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Informations sur le doc

Date de publication
12/04/2011
Langue
français
Format
Word
Type
dissertation
Nombre de pages
20 pages
Niveau
grand public
Consulté
1 fois

Informations sur l'auteur Stéphane C. (étudiant)

Niveau
Grand public
Etude suivie
sciences...
Ecole, université
Sciences Po
Note du document :
         
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