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Le sommaire
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I) Le choc de la rencontre d'autrui
II) Être digne du bonheur
III) Le devoir d'être heureux
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Résumé du document
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La nécessité vitale, c'est l'insécurité permanente, la lutte pour le manger, le dormir et le boire, la faim et la soif qui taraudent, et dont les répits sont courts. Il sera donc nécessaire de se libérer du besoin premier, qui me laisse encore proche de l'indifférenciation d'avec le monde (je ne me libère d'avec le monde que parce que je m'en nourris). Levinas met en place une réflexion sur l'idée de besoin qui tend à l'identifier en partie avec ce que la tradition philosophique a nommé désir : parce qu'ils sont en mon pouvoir, les besoins rendent possible une intériorité : mon corps n'est donc pas ce qui m'enchaîne au monde, comme le pensait Platon, mais au contraire ce qui m'en libère.

La jouissance est un combat. Mené contre le monde, contre les choses, la lutte pour la jouissance est lutte pour l'indépendance qui m'assure le bonheur. Levinas identifie comme caractéristique essentielle de la jouissance, en reprenant pour partie un schéma hégélien, la transformation du non-moi en moi, assimilation de l'autre qui devient moi. On le pressent, l'acte de se nourrir est le paradigme de toute jouissance . Mais jouir n'est pas se nourrir ; je me nourris pour me sustenter, mais je jouis pour jouir, et je puis jouir pour jouir. En ce cas, la jouissance finit nécessairement par se nourrir d'elle-même ; d'où ce paradoxe : tous les actes tendent à la jouissance, qui n'ont jamais fini toutefois de la nourrir.

Levinas variera dans ses interprétations du plaisir.

Si la relation à autrui est chose difficile, c'est qu'elle met en danger mon bonheur établi. Je puis bien, pour préserver mon bonheur, refuser cette mise en question de mon droit au bonheur par l'autre, d'un bonheur dont il est exclu, ou auquel il devrait s'adapter ; mais en ce cas, je ne serai pas digne de mon bonheur. A l'inverse, accepter cette mise en question, c'est découvrir et comprendre que la socialité (c'est-à-dire l'être-ensemble, le fait que je forme société avec autrui) fait surgir une dimension du bonheur inédite. Etre heureux ne se fait peut-être pas sans l'autre ou sans les autres. Mais si j'ai profondément décidé qu'autrui faisait dans la relation amoureuse par exemple partie intégrante de mon bonheur, tout se transforme : ce n'est plus de mon bonheur dont je parle, mais du nôtre. Ce bonheur, malgré le pronom possessif, n'est plus possession mais partage, il doit s'ouvrir à tous les autres. Un bonheur où je serai seul avec celui ou celle que j'aime serait, comme le dit une expression courante, un « égoïsme à deux ». Ce n'est que dans la relation à autrui, dans l'éthique plus précisément, que la recherche du bonheur acquiert une dignité. ()

Extraits

[...] Le rapport entre morale et bonheur devient problématique sitôt que l’on pose une hiérarchie, par ailleurs légitime, entre morale et bonheur : si la vertu peut être posée comme une fin en soi, et le bonheur comme une fin relative à cette autre fin ou condition suprême que serait la vertu, alors l’autre des aspirations fondamentales de l’homme , l’aspiration au bonheur, doit pouvoir être légitimement satisfaite. Or, un problème se pose, puisqu’il n’est en rien nécessaire que la vertu engendre le bonheur, et il est fort possible par ailleurs que le méchant soit heureux. Pourtant, seul l’homme vertueux mériterait d’être heureux. Pourquoi imaginer cette dignité du bonheur émanant de l’être moral ? [...]


[...] N’y a-t-il pas là une illusion de la morale, de l’homme déchiré entre son désir et sa raison ? Le Souverain Bien de l’homme, pensé comme accomplissement des aspirations fondamentales de l’homme, doit pouvoir inclure en lui le bonheur, et cet accomplissement doit pouvoir être possible, puisqu’il est pensé, et que l’homme vertueux doit pouvoir ne pas désespérer de trouver le bonheur, malgré qu’il ne le puisse, par le biais de la vertu. Kant affine alors dans la Critique de la raison pratique, la relation que doit pouvoir entretenir le bonheur à la vertu : Deux déterminations nécessairement unies dans un concept doivent être reliées comme principe et conséquence, et cela de façon à ce que cette unité soit considérée soit comme analytique (liaison logique), soit comme synthétique (liaison réelle), l’une d’après la loi de l’identité, l’autre d’après la loi de causalité. [...]


[...] Kant, Critique de la raison pratique, Ire partie, Dialectique, chapitre deuxième, Œuvres philosophiques, éditions de la Pléiade, tome II, p.743. Éric Weil, Problèmes kantiens, Chapitre IIe, Sens et fait, Vrin, p.58. Fondements de la métaphysique des mœurs, édition Delbos, p.93. On peut dire alors avec Weil qu’en l’homme l’on trouve cette faculté des fins qui caractérise l’être moral (Problèmes kantiens, p.87), faculté des fins qui exige le bonheur de l’homme, comme un but pleinement accordé à la recherche du bien. Critique de la raison pratique, traduction Renaut, édition GF Flammarion, 88, p.452. ib, 91, p.471, note. ib. [...]


[...] Les textes suivants tentent d’allier une recherche du bonheur où mon bonheur puisse rendre heureux les autres. Chercher à être heureux est donc un devoir, l’on peut parler d’un devoir d’être heureux, car dans mon bonheur il y va aussi du bonheur des autres. DEVOIR D’ÊTRE HEUREUX Il n’est pas difficile d’être malheureux ou mécontent ; il suffit de s’asseoir, comme fait un prince qui attend qu’on l’amuse ; ce regard qui guette et pèse le bonheur comme une denrée jette sur toutes choses la couleur de l’ennui ; non sans majesté, car il y a une sorte de puissance à mépriser toutes les offrandes ; mais j’y vois aussi une impatience et une colère à l’égard des ouvriers ingénieux qui font du bonheur avec peu de chose, comme les enfants font des jardins. [...]


[...] Quoi de plus difficile à surmonter que l’ennui, la tristesse ou le malheur de ceux qu’on amie ? Tout homme et toute femme devraient penser continuellement à ceci que le bonheur, j’entends celui que l’on conquiert pour soi, est l’offrande la plus belle et la plus généreuse ( Il y a pourtant assez de maux réels ; cela n’empêche pas que les gens y ajoutent, par une sorte d’entraînement de l’imagination. Vous rencontrerez tous les jours un homme au moins qui se plaindra du métier qu’il fait, et ses discours vous paraîtront toujours assez forts, car il y a à dire sur tout, et rien n’est parfait. [...]


[...] p.116. Autrement qu'être ou au-delà de l'essence, p.117. Le bonheur n’est pas fait d’une absence de besoins dont on dénonce la tyrannie et le caractère imposé, mais de la satisfaction de tous les besoins p.119. ib. La sensibilité constitue l’égoïsme même du moi ib, p.53. Dans la jouissance, je suis absolument seul pour moi. Egoïste sans référence à autrui je suis seul sans solitude, innocemment égoïste et seul ib, p.142. [...]


[...] Pourquoi ne seriez vous pas un précieux ami pour vous-même ? Mais oui, sérieusement, je dis qu’il faut s’aimer un peu et être bon avec soi. Car tout dépend souvent d’une première attitude que l’on prend ( ) Voici une petite pluie ; vous êtes dans la rue, vous ouvrez votre parapluie ; c’est assez. A quoi bon dire : Encore cette sale pluie ! ; cela ne leur fait rien du tout aux gouttes d’eau, no au nuage, ni au vent. [...]


[...] S’il en était autrement, le monde et la vie n’auraient pas de sens : l’être fini et raisonnable qu’est l’homme ne peut pas ne pas désirer son bonheur en tant qu’il est besogneux et ne dépend pas que de soi, il ne peut pas ne pas poursuivre ce souverain bien qu’est la relation moralement justifiée entre le bonheur et la morale.[16] Même si les faits semblent donner lieu à un réel contradictoire ou absurde (à quoi bon la morale si elle ne nous apporte pas le bonheur), un sens doit pouvoir en émerger ; c’est ce qui conduit Kant aux postulats de la raison pratique. L’éthique de Kant est donc en un sens suspendue à ces trois postulats si on ne la relie pas à la Critique de la faculté de juger : l’homme moral doit préférer en ce monde l’action morale au bonheur. Mais devons-nous accepter que l’éthique et le bonheur soient nécessairement conflictuels ? N’est-ce pas présupposer qu’en l’homme, l’égoïsme l’emporte toujours sur l’altruisme ? N’est-ce pas alors une thèse venant d’un philosophe espérant peu de l’homme en ce monde ? [...]


[...] Levinas variera dans ses interprétations du plaisir. Alors que dans Totalité et Infini il analyse la jouissance comme ce qui détruit l’Autre pour le transformer en Même[2], Autrement qu'être ou au-delà de l'essence tente de penser la question de la jouissance à partir d’un autre schéma, fondant par-là même dans le sujet l’acte de jouir au cœur d’une passivité nous dirons pour notre part réceptivité, même si Levinas assigne à ce terme un sens différent plus essentielle : celle de la sensibilité. [...]


[...] Etre heureux ne se fait peut-être pas sans l’autre ou sans les autres. Mais si j’ai profondément décidé qu’autrui faisait dans la relation amoureuse par exemple partie intégrante de mon bonheur, tout se transforme : ce n’est plus de mon bonheur dont je parle, mais du nôtre. Ce bonheur, malgré le pronom possessif, n’est plus possession mais partage, il doit s’ouvrir à tous les autres. Un bonheur où je serai seul avec celui ou celle que j’aime serait, comme le dit une expression courante, un égoïsme à deux Ce n’est que dans la relation à autrui, dans l’éthique plus précisément, que la recherche du bonheur acquiert une dignité. [...]

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Informations sur le doc

Date de publication
18/04/2012
Langue
français
Format
Word
Type
dissertation
Nombre de pages
11 pages
Niveau
grand public

Informations sur l'auteur Damien T. (étudiant)

Niveau
Grand public
Etude suivie
droit...
Ecole, université
Université...
Note du document :
         
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La morale, le devoir et la liberté

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