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Le sommaire
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Introduction

I) Le cosmopolitisme, s'appuyant sur la conviction qu'au-delà de la variété des appartenances collectives l'humanité forme un tout, constitue traditionnellement moins un programme politique qu'un idéal de sagesse, ou un mode de vie pour happy few

A. Au-delà de la diversité des nations, des cultures et des croyances, le cosmopolitisme repose sur l'affirmation de l'unicité du genre humain
1. Titulaires du logos ou animés du souffle divin, les hommes font partie, pour les stoïques comme pour les chrétiens, de la même famille
2. Pour la philosophie des Lumières, la raison constitue le dénominateur commun laïcisé de l'humanité

B. Le cosmopolitisme n'a pas réellement trouvé dans le passé de traductions politiques concrètes, et a davantage constitué un idéal de sagesse pour l'individu soucieux de ne pas se laisser aveugler par les solidarités identitaires, ou un mode de vie pour les élites intellectuelles
1. Doctrine créée par des individus en rupture de ban avec la cité, le cosmopolitisme constitue souvent une affirmation négative : celle du refus des appartenances collectives, ou tout du moins d'une prise de distance avec les identités héritées
2. Le cosmopolitisme est une citoyenneté peu exigeante, sans implication politique directe, s'accommodant d'autres appartenances concurrentes, et qui s'apparente davantage à une posture individuelle

II) Le cosmopolitisme, qui rencontre un écho renouvelé en raison de la mondialisation, est désormais conçu comme une exigence morale de tolérance et d'ouverture et comme une injonction au respect de la diversité...

A. La mondialisation actuelle n'est pas sans rappeler, par une sorte de coïncidence historique, certains traits des époques impériales pendant lesquelles l'idéal cosmopolite s'est autrefois développé
1. La mondialisation permet, comme à l'époque hellénistique, de multiplier les contacts entre les peuples
2. Comme sous l'Empire romain, le monde est aujourd'hui assimilable à un village planétaire où les nations joueraient un rôle amoindri

B. Le cosmopolitisme est parfois rêvé comme un remède aux nationalismes, et oppose aux identités particulières, perçues comme dangereuses, le fantasme d'une nouvelle tolérance
1. Sur la foi d'expériences historiques magnifiées, le cosmopolitisme est érigé en modèle idéal de coexistence des différentes cultures
2. Le cosmopolitisme est présenté de nos jours comme l'antidote à la guerre des civilisations et aux heurts entre communautés et nationalismes

III) ... au risque d'ailleurs de se confondre avec un mondialisme dédaigneux des identités particulières, menaçant pour la diversité des cultures nationales, et par conséquent d'alimenter en retour les réactions identitaires

A. Le cosmopolitisme laisse craindre un appauvrissement de la diversité culturelle, et n'est vraiment fécond que s'il repose sur un ancrage préalable
1. Le cosmopolitisme, s'il s'est insuffisamment respectueux des identités, risque d'appauvrir le patrimoine culturel de l'humanité
2. Le mondialisme, loin d'enrichir les cultures, les réduit à une indigeste « bouillie babélienne ».
3. Un ancrage préalable dans sa propre culture est par conséquent nécessaire avant de s'ouvrir vers l'universel

B. Le cosmopolitisme doit rester un idéal individuel et risque, s'il devient une
nécessité imposée, d'apparaître comme le faux-nez de l'impérialisme, et de provoquer des réactions identitaires en faisant trop peu de cas des cultures nationales
1. Le cosmopolitisme est un idéal, qui ne doit pas conduire à mépriser les identités nationales, au risque d'alimenter les crispations identitaires
2. La nation demeure l'espace privilégié de la citoyenneté
3. La nation est également l'espace privilégié de la solidarité

Conclusion
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Résumé du document
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« Pour les anciens - à l'exception des stoïciens - l'homme est un être social, la nature est un ordre, et ce qu'on peut apercevoir, au-delà des conventions de chaque polis particulière, comme constituant, la base idéale ou naturelle du droit, est un ordre social en conformité avec l'ordre de la nature (et par suite avec les qualités inhérentes aux hommes). Pour les modernes, sous l'influence de l'individualisme chrétien et stoïcien, ce qu'on appelle le droit naturel (par opposition au droit positif) ne traite pas d'êtres sociaux mais d'individus, c'est-à-dire d'hommes dont, chacun se suffit à lui-même en tant que fait à l'image de Dieu et en tant que dépositaire de la raison. » Louis Dumont, dans cet extrait de Essais sur l'individualisme, rappelle que le cosmopolitisme repose sur l'affirmation de l'unité du genre humain.

Extraits

[...] Le cosmopolitisme contemporain a toutefois une signification particulière. Il se confond largement. Avec une apologie du dialogue des cultures, un éloge de la coexistence pacifique des communautés et des peuples. Ces appels lancinants à la tolérance soupçonnent parfois les identités particulières de conduire au rejet de l'altérité et, à la guerre, leur dissolution dans l'universel apparaissant comme le remède à toutes les crispations communautaires. Or cet éloge du métissage, s'il sert de cheval de Troie à l'impérialisme, risque d'aboutir à un appauvrissement considérable du patrimoine culturel. [...]


[...] Le mondialisme commence par annuler les cultures qu'il vide de l'intérieur, dépèce et décharne pour les restituer ensuite, embaumées comme des momies dans leur sarcophage, tuant à la fois leur profondeur et leur singularité Le risque est donc d'homogénéiser les cultures au point d'aboutir à un individu indifférencié consommant les mêmes produits de part et d'autre de la planète. Le métissage nie la diversité et ne produit que l'indistinction et l'uniformité, comme le note Paul Morand cité par Pascal Bruckner : La vitesse tue la couleur ; le gyroscope quand il tourne vite fait du gris. Or il ne faut pas confondre l'addition passive d'influences indéterminées, et la synthèse des différentes interactions. [...]


[...] Cosmopolitisme, nationalités et Empire Introduction I. Le cosmopolitisme, s'appuyant sur la conviction qu'au-delà de la variété des appartenances collectives l'humanité forme un tout, constitue traditionnellement moins un programme politique qu'un idéal de sagesse, ou un mode de vie pour happy few. A. Au-delà de la diversité des nations, des cultures et des croyances, le cosmopolitisme repose sur l'affirmation de l'unicité du genre humain Titulaires du logos ou animés du souffle divin, les hommes font partie, pour les stoïques comme pour les chrétiens, de la même famille Pour la philosophie des Lumières, la raison constitue le dénominateur commun laïcisé de l'humanité. [...]


[...] La communauté internationale s'efforce de porter remède à ce phénomène. En 2001, l'UNESCO a adopté la Déclaration universelle sur la diversité culturelle, affirmant que le respect de la diversité des cultures constitue l'un des meilleurs gages de développement et de paix. L'adoption d'une convention sur la diversité culturelle en octobre 2005 constitue une nouvelle étape de la défense de la diversité culturelle. Ce texte, juridiquement contraignant, légitime le droit des États à conserver ou à mettre en place des politiques culturelles nationales soutenant la production et la circulation des contenus culturels Un ancrage préalable dans sa propre culture est par conséquent nécessaire avant de s'ouvrir vers l'universel. [...]


[...] Le Saint Empire ne sera toutefois dissous qu'en 1806, par Napoléon Ier. [...]


[...] Au-delà de la diversité des nations, des cultures et des croyances, le cosmopolitisme repose sur l'affirmation de l'unicité du genre humain Titulaires du logos ou animés du souffle divin, les hommes font partie, pour les stoïques comme pour les chrétiens, de la même famille. Le stoïcisme est né au cours de la période hellénistique. On attribue en général sa création à Zénon (336-264 avant notre ère). Son retentissement a cependant largement dépassé le monde grec et le troisième siècle avant Jésus-Christ. Cette philosophie a particulièrement influencé les Romains, Sénèque en est l'exemple emblématique. Les premiers chrétiens, dont saint Paul, ont également été marqués par l'héritage stoïcien. [...]


[...] C'est ce que le sociologue Georg Simmel, dans Métropoles et mentalités, décrit à travers la figure de l'étranger dans la ville personnage qui présente un certain nombre de ressemblances avec l'individu cosmopolite soucieux de tisser des solidarités plus larges que celles qui l'unissent à son environnement d'origine. Cet étranger dans la ville n'est pas un nomade, ou un simple voyageur de passage. Il est au contraire attaché à un groupe, habitant d'une ville. Néanmoins, l'étranger ne possède pas de racines dans cette collectivité. Selon Simmel, le marchand est la première figure de l'étranger. Historiquement, ce sont en effet les colporteurs itinérants qui incarnaient la figure de l'homme venu d'ailleurs. [...]


[...] Certes, les frontières nationales, les différentes religions, les manières de penser, de sentir de concevoir, les langues employées, distinguent les hommes en tant qu'animaux politiques. Mais tous les individus partagent cependant un patrimoine commun: pour les stoïques ou les philosophes des Lumières, l'usage de la raison ; pour les religions du Livre, une origine divine. Le terme de cosmopolitisme est ambigu, car il est difficile d'être citoyen d'un État qui n'existe pas. Se revendiquer cosmopolite, c'est à la rigueur s'affirmer apatride, refuser toutes les allégeances nationales, à la manière des cyniques. [...]


[...] La doctrine chrétienne ne remet donc pas en cause le morcellement des hommes en nations, mais leur rappelle que, d'un point de vue spirituel, comme l'écrit saint Paul aux Éphésiens : Vous n'êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. Le cosmopolitisme des philosophes de Lumières n'engage pas non plus très concrètement, au quotidien, ceux qui professent cet idéal. Le cosmopolitisme est de ce point de vue largement un mode de vie, davantage qu'une notion politique. [...]


[...] IIl Au risque d'ailleurs de se confondre avec un mondialisme dédaigneux des identités particulières, menaçant pour la diversité des cultures nationales, et par conséquent d'alimenter en retour les réactions identitaires. A. Le cosmopolitisme laisse craindre un appauvrissement de la diversité culturelle, et n'est vraiment fécond que s'il repose sur un ancrage préalable Le cosmopolitisme, s'il s'est insuffisamment respectueux des identités, risque d'appauvrir le patrimoine culturel de l'humanité. Le cosmopolitisme n'est pas seulement considéré comme une sorte de tolérance humaniste, comme une ouverture bienveillante à la diversité, à la pluralité des appartenances et des cultures. Il est aussi craint comme étant une force de nivellement et d'appauvrissement culturel. [...]

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Informations sur le doc

Date de publication
11/04/2011
Langue
français
Format
Word
Type
cours
Nombre de pages
25 pages
Niveau
grand public

Informations sur l'auteur Stéphane C. (étudiant)

Niveau
Grand public
Etude suivie
sciences...
Ecole, université
Sciences Po
Note du document :
         
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Cosmopolitisme, nationalités et Empire

«« Pour les anciens - à l'exception des stoïciens - l'homme est un être social, la nature est un ordre, et ce qu'on peut apercevoir, au-delà des conventions de chaque polis particulière, comme constituant, la base...»

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