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Le sommaire
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Introduction

I) En quel sens une passion peut-elle être jugée déraisonnable ?

A. La réduction du raisonnable au rationnel
B. Illustration de cette réduction
C. La distinction plaisir - intérêt

II) Le système scientifique des passions et l'impossible évaluation en surplomb du mécanisme naturel

A. C'est la position d'un bien dans un contexte de choix qui détermine le degré de sa force impressive
B. L'analogie scientifique
C. Ce n'est pas la passion qui est déraisonnable, c'est le jugement

Conclusion
Références

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Résumé du document
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Il est courant, lorsque nous réfléchissons aux rapports que la raison entretient avec nos passions, d'adopter une position dualiste et conflictuelle. On tient pour une évidence que la raison est en nous l'organe directeur légitime de nos actions, au titre du pouvoir qu'elle confère à l'homme de réfléchir sur lui-même et d'analyser le contenu des informations fournies par ses sens, de découvrir les lois fondamentales de la nature et de dégager les principes moraux et politiques propres à conduire les hommes dans la direction du bien et de l'intérêt général. La passion, au contraire, est souvent perçue comme un facteur de perturbation et un obstacle aux délibérations rationnelles. Elle est décrite comme un désir puissant échappant au contrôle de la volonté individuelle, agissant sur elle à la manière d'un commandement impérieux, n'obéissant ni au bon sens ni aux respects des règles élémentaires de la morale ()

Extraits

[...] Peut-être le destin de l’homme est-il d’avoir une vie brève mais fiévreuse, excitante et extravagante, plutôt qu’une existence longue, végétative et monotone (NGR 1979b, ch. II). Aujourd’hui, un nouveau courant scientifique rend l’horizon plus sombre, voire sinistre. C’est le biologisme qui soutient que nos comportements de base sont entièrement déterminés par notre constitution génétique. Des gènes ataviques, très résistants, font de l’homme un animal fondamentalement agressif et égoïste. Ainsi, même si Homo sapiens sapiens peut comprendre ce qu’il doit faire pour son salut écologique, sa nature l’empêche de suivre le conseil de la sagesse. [...]


[...] La pensée est donc l’opération par laquelle l’esprit produit des copies des sensations primitives ou des perceptions originelles. Notre pensée, dit Hume, est un miroir fidèle et elle copie ses objets avec vérité Dans l’écart qui sépare la copie (l’idée ou le souvenir de tel chien) de l’orignal (la vision directe et concrète de ce chien), l’objet perd de sa réalité, autrement dit la perception que j’en ai s’imprime en moi avec moins de force et de vigueur, elle se présente à moi moins vivement et plus faiblement. [...]


[...] Elle est la faculté des inférences, des associations, des comparaisons. C’est par notre raison que, devant l’enseigne d’un marchand de glace, et nous souvenant du plaisir que nous avait apporté la dernière glace achetée ici, nous concluons qu’il n’est pas dommageable d’en acheter une de nouveau. Notre raison met en rapport nos perceptions (un souvenir et une perception empirique ici en l’occurrence), examine la nature des relations qui les unit (elle fait apparaître que dans la même situation quelques temps plutôt l’achat d’une glace chez ce marchand nous avait procuré du plaisir : lien causal), et enfin elle tire des conclusions pour le futur, elle en déduit ce qui se passera si nous achetons de nouveau une glace. [...]


[...] David Hume, Traité de la nature humaine. Les Passions (1739), Livre II, GF-Gallimard p par André Lapidus, L’évaluation de la décision et du bien-être individuels : une approche humienne version exploratoire, décembre 2006, p par Nicholas Georgescu-Roegen, La dégradation entropique et la destinée prométhéenne de la technologie humaine dans La Décroissance. Entropie, écologie, économie, Sang de la Terre p fin. David Hume, Dissertation sur les passions (1755), GF-Gallimard p André Lapidus, La rationalité du choix passionnel : En quête de l’héritage de David Hume publié dans L’Année sociologique p Cf. [...]


[...] Un ordinateur, par exemple, qui est une sorte de pure raison, est un dispositif matériel réduit aux fonctions d’analyse, de comparaison, de calcul, d’enregistrement. Il traite toutes les informations qu’on lui donne sans distinction. Il ne censure pas les textes qu’on enregistre dans sa mémoire, il n’en juge ni le style ni le contenu, il n’est pas plus affecté lorsque nous l’utilisons pour constituer un fichier de plan social dans une entreprise que lorsque nous l’employons à la rédaction d’une lettre d’amour, il ne prend aucune initiative si nous ne lui donnons aucun ordre, il est par lui-même parfaitement incapable d’évaluer et d’agir. [...]


[...] Les hommes sont à présents guéris de leur passion des hypothèses et des systèmes de philosophie naturelle, et ils ne prêteront attention à aucun argument s’il n’est tiré de l’expérience. Il est grand temps qu’ils tentent une réforme semblable dans toutes les recherches morales, et qu’ils rejettent tout système d’éthique, aussi subtil et ingénieux qu’il soit, qui ne serait pas fondé sur l’observation et les faits. Du point de vue des principes abstraits de l’ancienne philosophie rationaliste spéculative, il peut paraître étonnant qu’une passion se porte naturellement et en connaissance de cause vers un bien banal plutôt que vers un bien supérieur. [...]


[...] Toute cette discussion rappelle fort l’échange entre Socrate et Protarque dans le Philèbe, lorsqu’il s’agit de savoir si un plaisir, une douleur ou, plus généralement, une passion, peuvent être dits vrais ou faux. Si Protarque admet que l’on puisse dire vraie ou fausse l’opinion qui accompagne une passion, il n’admet pas contrairement à Socrate que cette qualité puisse se transmettre à la passion même (36c-41a). On peut encore penser à Malebranche, que Hume cite souvent et dont les positions expliquées dans le célèbre passage du Traité de morale 12-13) sont ici vivement contrecarrées. David Hume, Traité de la nature humaine. La Morale (1740), Tome III, GF-Flammarion p milieu. [...]


[...] Elles ont donc un pouvoir d’action sur nos passions, qui nous oblige à préciser le sens de la célèbre formule humienne : la raison est l’esclave de nos passions. Elle en est l’esclavage en deux sens : d’abord son activité est gouvernée par des passions. Sans passions, notre faculté de connaître ne se livrerait à aucune analyse, elle ne trouverait aucun motif d’établir des relations entre telle et telle partie de la réalité plutôt qu’entre telle et telle autre partie. [...]


[...] Conclusion : Pour conclure, ce texte entendait répondre à la question : les passions sont-elles déraisonnables ? Hume répond sans ambiguïtés que les passions ne peuvent être tenues pour déraisonnables ou raisonnables, puisqu’elles ne partagent aucuns des traits qui pourraient permettre de les comparer avec les activités de la raison. La raison est la faculté des relations, c’est-à-dire entre autres de mise au jour du vrai et du faux et des moyens les plus appropriés à l’exécution d’une fin donnée. Elle consiste donc à analyser et à manipuler les idées fournies par la pensée. [...]


[...] Si l’on n’en peut tirer la conclusion que les passions sont déraisonnables, au sens où elles s’écarteraient des conclusions et des conseils de la raison, n’est-on pas toutefois fondé à penser qu’elles sont déraisonnables en elles-mêmes, au sens où il paraît irrationnel de préférer un bien avant qu’on se soit assuré par sa raison de sa supériorité par rapport à un autre bien ? Est-ce la nature humaine elle-même qui, en donnant le privilège de l’action à notre système passionnel, obéit à des lois absurdes et irrationnelles ? [...]

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Informations sur le doc

Date de publication
28/01/2010
Langue
français
Format
Word
Type
commentaire de texte
Nombre de pages
13 pages
Niveau
grand public
Consulté
1 fois

Informations sur l'auteur Charlotte R. (étudiant)

Niveau
Grand public
Etude suivie
histoire...
Ecole, université
Sorbonne
Note du document :
         
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Hume, "Traité de la nature humaine", Livre III, Partie 2, Section 5 : Les rapports entre les hommes : explication de texte

«Dans cet extrait de texte, HUME s'interroge sur les rapports entre les hommes et sur les relations en découlant. Comment, à partir du moment où les hommes égoïstes de nature entretiennent des liens avec autrui seuleme...»

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